Chinese Carnival


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 le sens de l'hospitalité (ti-khuan)

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17/03/2017172
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17/03/2017172

(#) Sujet: le sens de l'hospitalité (ti-khuan)   Mar 18 Avr - 20:02
Tu ne cesses de répéter que tu es parfaitement capable de faire la différence entre les moments où tu es sobre et les moments où tu divagues, et là, tu en es totalement certain : tu es sobre. Beaucoup trop sobre. Tu ne peux pas en douter : tu souffres de douleurs dans le ventre, et tes muscles te tirent - ça te fait un mal de chien, et tu es trop faible mentalement pour parvenir à correctement résister. Ouais, enfin, précisons que ça fait un jour complet que t'as terminé ton dernier rail ; la drogue est encore dans ton organisme, pourtant toi, tu ne sens plus rien du tout. Ou plutôt, tu sens beaucoup trop de choses. Tu détestes cela ; tu voudrais parfois perdre ton corps, mais il paraît qu'on ne peut pas vivre sans, et toi, tu as envie de vivre. Cette certitude est l'une de tes seules valeurs - elle constitue ta dernière fierté, puisque ta crédibilité est sans cesse remise en cause. Fébrile, tes mains tremblent et tes pas ne sont pas très stables ; tu ignores complètement les regards qui détaillent ta démarche de naufragé, comme si après une éternité en mer tu ne savais plus comment te déplacer sur la terre ferme. Pourtant, il y a une assurance certaine dans tes balancements hésitants. C'est que dans ta détresse, tu es le roi de ces rues ; un roi dont nul ne reconnaît la suprématie, et pourtant qui connaît mieux leur tracé que toi ? Tu sais où tu te rends, quand bien même ton sens de l'orientation semble en berne : ce sont tes pieds qui, malgré leurs convulsions étranges, te guident à bon port. Mais ton esprit, te répètes-tu, sait très bien que la direction est la bonne ; il n'y prête pas attention, car il est tout occupé à maintenir ton équilibre et à se battre contre le feu liquide qui te brûle les entrailles.

L'air du matin t'a réveillé après une nuit courte et agitée ; mais déjà les rayons du zénith frappent de plein fouet les allées découvertes de Shanghai. Toi qui alternes entre venelles ombragées et boulevards lumineux, tu as constamment chaux et froid. Pour être honnête, tu ne sais pas du tout en quel mois on est : les rais bouillants t'évoquent l'air lourd d'un mois d'été, alors que la fraîcheur des rues abritées t'évoquent les relents glacés de l'hiver qui perdure. Tu es probablement mal armé pour affronter cette succession, mais de toute façon tu as toujours froid. Cette nuit, tu l'as passée à la belle étoile, et tes os grincent de ce mauvais traitement. La nuque te lance et tes paupières battent un peu trop vite. Au détour d'un carrefour, des travaux rendent la zone plus dangereuse à pratiquer ; tu ne prêtes pas assez attention aux sons pour t'en rendre compte à temps, et les chutes de pierre qui s'échappent de la pelle que soulève une grue s'assimilent plutôt aux battements trop rapides de ton cœur. Tu ferais mieux de ne pas passer par là, mais la prudence s'efface totalement face aux impératifs du manque. Tu dois passer par là ; calculer un nouvel itinéraire, ce serait perdre des minutes ; et bon sang que tu n'en as pas besoin.

La chaussée et le trottoir sur lequel tu circules sont couvertes de sable. Tu ne le remarques pas vraiment ; tes semelles crissent, mais dans le brouhaha des passants et de tes douleurs, tu ne le remarques pas vraiment. Tu ne remarques rien, pas même le moment fatidique où ton équilibre fragile se brise. Le bitume qui heurte ton corps (ou peut-être est-ce l'inverse) et ces grains qui se glissent dans tes vêtements et caressent ta peau irritée (ou peut-être est-ce eux qui l'irritent) ne te font rien ; tu te rends subitement compte de ta situation lorsque tes yeux se perdent dans le ciel. Les nuages ont disparu, et le soleil t'aveugle ; tu fermes les yeux et tu grognes. Tu te redresses ; comme à ton habitude, tu ne perds pas ton temps à jauger les réactions d'incrédulité qui t'accompagnent. Il se peut qu'un des ouvriers te demande de dégager, « sale rat » ; tu n'en es pas très sûr, alors pour faire bonne mesure, tu lances un doigt d'honneur à ces fils de pute, et tu remontes avec la dignité d'un marin ivre sur le trottoir. Inconscient de ton état, tu poursuis ta route. La piaule de ton dealer n'est plus très loin, et avec elle, ta délivrance. Tu l'espères. Ti-Khuan est un type bien, il t'aidera.
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08/10/2016225
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08/10/2016225

(#) Sujet: Re: le sens de l'hospitalité (ti-khuan)   Dim 23 Avr - 22:15
You were a child
Il a l'oubli volontaire de la journée d'hier et encore l'ignorance du jour qui se lève. Il y a ce regard perdu au milieu d'une pièce qui ne devrait être étrangère et ce retour aux douces lumières se reflétant sur les verres d'une paire de lunette qui demanderait à être réarrangée. Il soupire Ti-Khuan Ma. Il a l'esprit vide, le corps assortis à ces mêmes couleurs. Cela fait bien longtemps que ce n'est pas arrivé, comme une douce brise annonçant le printemps sur un Shanghai toujours se mourant. Mais il n'a rien à faire. Le matin s'installe douce entre les stores à demi fermés de la pièce. Il n'a aucunement envie de regarder le paysage alentour, le dépotoir humain qui vient lécher les bords de sa vie, celui-là qu'il alimente et dans lequel il glisse doucement encore.

Il ne reprendra pas une dose de rêve, déjà absorbée par l'écran s'éteignant, par la contrainte de la réalité s'écrasant sur son squelette. A son habitude, il aurait attendu que la nuit se réveille, l'emporte encore dans ce semblant d'occupation dont il ne pourrait se passer, mais il faut bien vivre. Et il le réalise en ouvrant la porte blanchâtre d'un frigo arrivant difficilement à s'allumer. L'affaire est bien compliquée que ce qu'on semble avouer. Alors, il arrache au sol un t-shirt un semblant repassé et l'enfile. Il n'a le temps de se préparer, de se faire présentable pour subvenir à ces besoins-ci. Le jour n'est pas son terrain de chasse, il ne lui semble nécessaire de se parer. Pour qui d'ailleurs ?

Aussitôt, il regrette. Et à la fois pas vraiment. Tête familière apparaissant une fois la porte entrouverte, hésitation quand à la refermer, hésitation quant à simplement laisser entrer celui qui se présente là. Ti-Khuan n'a de temps à perdre pour un dégénéré de plus, il se suffit très bien à lui-même.

« J'ai plus rien mec. »

Il n'y a pas besoin de plus d'engagement. Alors, il relève la tête pour faire face à celui qui foule les entrailles du Shanghai qu'il fuit. Et la bête se veut bien plus achevée que ce qu'elle n'aurait jamais été.

« Qu'est-ce que tu as encore foutu ? »

Et ça le fait rire, Ti-khuan. Oui, ça le fait rire de pouvoir voir que le fond ne sera jamais celui auquel il pourrait s'attendre. Il n'en dit rien, il y a ce genre de pitié qui s'immisce au bout de sa langue et qui se transforme en une sorte de fausse amitié qu'il ne sait maitriser. Alors, il se décide bien plus vite qu'auparavant. Il l'occupera : l'écouter parler est sans doute plus prolifique qu'un trip désorganisé. Chu-Jung celui qu'on dit illuminé au seuil de sa porte ne lui fait plus pitié mais attire à présent son œil. Que serait-il devenu sans tout l'inhumain qui leur passent par la bouche et qu'ils inhalent sans un brin de remord ? Voilà bien une chose qui leur est commune. Il n'attend pas la suite et finalement finit par ouvrir cette porte grinçant à l'effort. Il l'invite à rentrer, le vampire qui le regarde comme une sorte de sauveur mérité.

« Je sais ce que tu vas devoir payer aujourd'hui… »

Le prix d'une bouteille de shampoing sans doute.
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17/03/2017172
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17/03/2017172

(#) Sujet: Re: le sens de l'hospitalité (ti-khuan)   Lun 1 Mai - 15:53
Tu es le genre de mec qui passe son temps à ignorer les sonnettes pour défoncer les portes de tes grands poings tachetés de marques de piqûres. Mais la délicatesse avec laquelle tu frappes à la porte de Ti-Khuan en dit long sur l'estime que tu as pour ton dealer. Tu n'es pas vraiment conscient de la nature réelle de votre relation, tout comme tu ne comprends pas vraiment que la drogue te mène par le bout du nez. A tes yeux juvéniles, le dealer est un ami sincère, qui t'aide dès qu'il en a les moyens : s'il te dit qu'il n'a pas de came, c'est qu'il n'en a pas, et tu ne songerais pas à te demander s'il te ment ou non. A vrai dire, ça vaut même mieux ; à qui d'autre pourrais-tu faire confiance ? C'est donc par égard pour lui que tu tambourines relativement normalement à sa porte ; de toute façon, ses voisins n'oseront pas ouvrir leur gueule, ils ont aussi des choses à cacher..

Lorsque Ti-Khuan t'ouvre la porte, tu sens une bouffée de chaleur qui s'échappe l'intérieur ; tu es tellement gelé que tu pourrais tuer pour avoir le droit d'y entrer pendant quelques minutes. Tu demandes toujours à pas mal de potes de t'héberger pour la nuit, quand c'est possible, mais jamais à lui. Il en fait déjà tant pour toi que tu ne voudrais pas l'incommoder. Tu n'as même pas le temps d'ouvrir la bouche que déjà, Ti-Khuan devance ta question. Tu sens la déception jeter un froid dans ton cœur, et ton sang se glace dans tes veines abîmées par tes injections. Rien du tout. En gros, tu es dans la merde, Chu-Jung, tu vas souffrir jusqu'à la tombée de la nuit. Peut-être ferais-tu mieux de partir tout de suite et de te trouver un pigeon qui acceptera de supporter tes gémissements nocturnes et de t'offrir une place sur un canapé. « Okay, c'pas grave... » : commences-tu, mais il ne t'écoute pas. Tu te prends une nouvelle remarque à la gueule ; Ti-Khuan, en fait, il t'en balance beaucoup, des réflexions - mais elles sont généralement fondées, alors tu oublies volontiers de remarquer le ton acide ou méchant de la plupart d'entre elles. Pour ta part, tu ne vois pas comment il peut faire la différence : tu es toujours aussi crade que d'habitude. Enfin, curieusement, il t'ouvre grand sa porte, t'invitant à rentrer ; tu ne comprends guère pourquoi, mais qu'importe, tu t'engouffres à la suite avec joie.

Sans remarquer que tu laisses derrière toi une légère traîne de sable, tu te secoues un peu en rentrant. Ah, qu'il fait bon là-dedans. Il y a des gens qui se plaignent d'avoir froid dans leur appartement, mais toi, tu sais que ce sont juste des chochottes ; s'ils avaient dormi une seule nuit dehors, ils auraient compris qu'un seize degrés dans une chambre, c'est le paradis terrestre. Tu as toujours mal, la douleur ne s'en va pas ; mais elle te paraît un peu plus supportable. Peut-être que tes os vont finir par se remettre en place et arrêter de se balancer dans tout ton corps - telle est la sensation qui t'habite actuellement, et tu la supportes tant bien que mal. Puis tu regardes Ti-Khuan d'un air affolé : de quoi, payer ?  Avec tes poches vides, tu te demandes bien ce que tu pourrais débourser... « Hé, j''ai rien foutu, okay ? en plus j'ai pas de blé, t'sais, sinon j't'aurais déjà payé, t'sais... pardon mec. » L'excuse fuse sans que tu ne puisses la retenir, et aussi incroyable que ce soit, tu es vraiment désolé pour lui, parce que tu ne dois pas l'aider à mener son commerce. S'il continue de t'aider, il finira peut-être à la rue, comme toi, sans un rond en poche. Et tu seras dans la merde. Bon, peut-être que ta sollicitude comporte une part d'égoïsme, mais tu n'aurais vraiment pas envie qu'il lui arrive malheur, à Ti-Khuan. La gentillesse, ça se récompense - et un jour, tu penses que tu pourras lui donner quelque chose en retour, parce que t'es pas comme ça non plus.
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